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Dmytro Kuleba, ex-ministre des Affaires étrangères ukrainien: «Nous sommes encore loin d'un quelconque accord»

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Dmytro Kuleba, ex-ministre des Affaires étrangères ukrainien de 2020 à 2024, est, ce mardi 28 janvier, le grand invité international de RFI. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche aux États-Unis, il est de nouveau question de négociations de paix entre l'Ukraine et la Russie. Vladimir Poutine se dit prêt à discuter avec le président Trump. Volodymyr Zelensky a réagi en mettant en garde contre une exclusion de l'Ukraine de ces pourparlers.

RFI : Pensez-vous qu'il y aura bientôt des négociations ?

Dmytro Kuleba : Je ne pense pas que de véritables négociations commenceront bientôt. Du moins, si nous imaginons une table à laquelle trois ou quatre, où je ne sais combien de dirigeants, s'assoient ensemble et trouvent des solutions. Il y a déjà un échange actif de messages sur les négociations entre Washington, Moscou et Kiev. En ce sens, nous pouvons conclure que les discussions sur la façon dont la guerre doit se terminer ont déjà débuté.

Mais il ne s'agit pas de négociations en bonne et due forme telles que nous les imaginons habituellement. Le problème est que dire que l'on est prêt à discuter est une chose, mais parvenir à un accord en est une autre. Et si toutes les parties indiquent qu'elles sont prêtes à discuter, nous sommes encore loin d'un quelconque accord.

Comment les Ukrainiens appréhendent-ils la présidence Trump ?

S'agissant de Trump, je pense que les Ukrainiens ont les mêmes sentiments que le reste du monde, sauf que les enjeux sont beaucoup plus élevés pour nous. Nos sentiments sont mitigés. D'un côté, nous voyons cela comme une opportunité. De l'autre, nous savons que Donald Trump est un homme politique qui peut changer radicalement de position à tout moment. C'est donc vraiment l'art de la diplomatie qui va entrer en jeu, et qui, espérons-le, maintiendra Trump sur la bonne voie et l’aidera à rétablir une paix juste en Ukraine.

Ces discussions autour d'éventuels pourparlers interviennent à un moment difficile pour l'Ukraine sur le champ de bataille. L'armée a cédé du terrain. Les troupes russes sont aux portes de la région de Dnipropetrovsk. De ce point de vue, la Russie ne semble pas avoir de raison d'arrêter la guerre. Est-elle réellement disposée à parler de paix ou d’arrêt des combats ?

Non. À ce stade, Poutine pense qu'il va l'emporter à la fois sur l'Ukraine et sur l'Occident. Il pense que l'Occident vacillera et qu'il pourra s’emparer de toute l'Ukraine. C'est son rêve. Poutine ne sera donc prêt à négocier et à faire des concessions que lorsqu'il se sentira faible. Et cela dépend de deux sujets : le premier, c’est la situation sur le champ de bataille et le second, c’est la situation économique de la Russie. S'il sent qu’il peut tenir et qu’il a une stabilité dans ces deux domaines, alors il continuera à se battre.

En trois ans de guerre, l'Occident a franchi à plusieurs reprises les lignes rouges de la Russie en donnant des armes à l'Ukraine. Mais il a également limité son aide militaire par crainte d'une escalade du conflit. Pensez-vous qu'il existe encore une peur de l'escalade, ou plus généralement une peur de la Russie de la part de certains partenaires occidentaux ?

Oui, c'est le cas. S'il n'y avait pas de crainte d'escalade ou de peur de la Russie, cette guerre aurait déjà pris fin. Je dirais même que cette guerre n'aurait pas commencé s'il n'y avait pas eu de crainte de la Russie. Poutine a attaqué uniquement parce qu'il était sûr que l'Europe et les États-Unis avaient peur de lui, qu'ils n'allaient pas réagir, qu’ils n’allaient pas apporter de soutien à l'Ukraine et qu’il écraserait l'Ukraine assez rapidement. Aucun autre concept n'a infligé plus de dommages à l'Ukraine que le concept de non-escalade.

La politique de non-escalade est une énorme erreur de l'Occident. Il doit en tirer les leçons. La non-escalade ne fonctionne que si, de l'autre côté, l'adversaire est sensible et réagit aux gestes de non-escalade. Par exemple, vous dites : « Je ne vais pas faire ceci » et vous arrêtez votre offensive. Lorsque l'autre partie s'arrête, la non-escalade fonctionne.

Mais ce qu'il s'est passé en Ukraine, c'est que l'Occident a fait savoir à la Russie que nous ne ferions pas cela. Et vous devriez également ralentir. Mais Poutine n'a pas ralenti une seule seconde. Il n'a jamais rendu la pareille à la politique de non-escalade, alors que l'Occident continuait à suivre cette voie, ce qui a entraîné de lourdes pertes. Et de nombreuses personnes en Ukraine sont mortes uniquement parce que la politique de non-escalade a été entretenue par les grandes capitales.

Le Kremlin et l'administration américaine semblent être d'accord sur un point : l'Ukraine ne devrait pas rejoindre l'Otan, du moins dans un avenir proche. Existe-t-il un espace de discussion sur ce sujet en Ukraine ? Que pensez-vous de la proposition de suspendre l'adhésion de l'Ukraine à l'Otan pour parvenir à la paix ?

Cela signifie que Trump concèdera à Poutine la question de l'adhésion de l’Ukraine à l'Otan comme un prix à payer pour arrêter la guerre. La guerre s'arrêtera, mais tant que l'Ukraine ne fera pas partie d’un mécanisme de sécurité collective tel que l'Otan, une prochaine guerre éclatera dans quelques années. Poutine lutte contre l'adhésion de l'Ukraine à l'Otan, non pas parce qu'elle représente une menace pour la Russie, mais parce qu'il veut que l'Ukraine reste exposée et vulnérable à son agression, parce qu'il n'abandonnera jamais l'idée de détruire l'Ukraine en tant qu’État. Il est obsédé par cette idée et c'est son objectif. L'Otan est donc le seul moyen de s'assurer qu'il n'y aura pas de nouvelle guerre entre l'Ukraine et la Russie.

Nous sommes sur le point d'entrer dans la quatrième année de la guerre. Des voix s'élèvent pour réclamer des concessions territoriales. Qu'est-ce qui serait possible pour l'Ukraine et le peuple ukrainien ?

Tous ceux qui réclament de l’Ukraine qu’elle fasse des concessions territoriales, devraient d'abord céder une partie de leurs terres et montrer l'exemple. Donnez une partie de votre terre ou des régions de votre pays à votre voisin, et vous aurez alors le droit de dire aux Ukrainiens : « Je l'ai fait. Suivez mon exemple. » Si vous ne l'avez pas fait vous-même, taisez-vous et suivez les discussions.

C'est ainsi que les choses devraient se passer si nous voulons avoir une conversation juste et équitable. Parce qu'il est très facile de décider du sort de quelqu'un d'autre, pour ce qui est de son territoire, de son adhésion à l'Otan, ou n'importe quoi d'autre. Mais mettez-vous à la place de quelqu'un d'autre et vous arriverez à des conclusions et à des approches des négociations complètement différentes.

Y a-t-il un risque que l’Ukraine se retrouve dans une situation où d'autres décident de son sort ?

Cela n'arrivera pas. C'est un vieux cliché de penser que Poutine va s'asseoir avec Trump ou avec quelqu'un d'autre, qu’ils vont décider du destin de l'Ukraine, et qu’ils vont obliger l'Ukraine à faire face à la réalité. L'Ukraine se bat contre la Russie depuis trois ans maintenant, avec toutes les difficultés, les pertes et les tragédies qui se sont produites. Nous sommes un pays viable qui se bat sans troupes étrangères sur le terrain, et nous avons le droit et la capacité de faire entendre notre voix. Et il en sera ainsi.

Vous allez enseigner à Sciences Po Paris sur la diplomatie en temps de guerre. Quel message allez-vous faire passer aux étudiants ?

Tirer les leçons de notre expérience et éviter les guerres. Pour éviter de pratiquer la diplomatie de guerre, il faut l'apprendre par cœur et la comprendre. Et je partagerai cette expérience et ces connaissances avec les étudiants dans l'espoir qu'en connaissant la diplomatie de guerre, ils n'auront jamais à l'appliquer parce que leurs pays ne seront jamais en guerre.

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RFI : Pensez-vous qu'il y aura bientôt des négociations ?

Dmytro Kuleba : Je ne pense pas que de véritables négociations commenceront bientôt. Du moins, si nous imaginons une table à laquelle trois ou quatre, où je ne sais combien de dirigeants, s'assoient ensemble et trouvent des solutions. Il y a déjà un échange actif de messages sur les négociations entre Washington, Moscou et Kiev. En ce sens, nous pouvons conclure que les discussions sur la façon dont la guerre doit se terminer ont déjà débuté.

Mais il ne s'agit pas de négociations en bonne et due forme telles que nous les imaginons habituellement. Le problème est que dire que l'on est prêt à discuter est une chose, mais parvenir à un accord en est une autre. Et si toutes les parties indiquent qu'elles sont prêtes à discuter, nous sommes encore loin d'un quelconque accord.

Comment les Ukrainiens appréhendent-ils la présidence Trump ?

S'agissant de Trump, je pense que les Ukrainiens ont les mêmes sentiments que le reste du monde, sauf que les enjeux sont beaucoup plus élevés pour nous. Nos sentiments sont mitigés. D'un côté, nous voyons cela comme une opportunité. De l'autre, nous savons que Donald Trump est un homme politique qui peut changer radicalement de position à tout moment. C'est donc vraiment l'art de la diplomatie qui va entrer en jeu, et qui, espérons-le, maintiendra Trump sur la bonne voie et l’aidera à rétablir une paix juste en Ukraine.

Ces discussions autour d'éventuels pourparlers interviennent à un moment difficile pour l'Ukraine sur le champ de bataille. L'armée a cédé du terrain. Les troupes russes sont aux portes de la région de Dnipropetrovsk. De ce point de vue, la Russie ne semble pas avoir de raison d'arrêter la guerre. Est-elle réellement disposée à parler de paix ou d’arrêt des combats ?

Non. À ce stade, Poutine pense qu'il va l'emporter à la fois sur l'Ukraine et sur l'Occident. Il pense que l'Occident vacillera et qu'il pourra s’emparer de toute l'Ukraine. C'est son rêve. Poutine ne sera donc prêt à négocier et à faire des concessions que lorsqu'il se sentira faible. Et cela dépend de deux sujets : le premier, c’est la situation sur le champ de bataille et le second, c’est la situation économique de la Russie. S'il sent qu’il peut tenir et qu’il a une stabilité dans ces deux domaines, alors il continuera à se battre.

En trois ans de guerre, l'Occident a franchi à plusieurs reprises les lignes rouges de la Russie en donnant des armes à l'Ukraine. Mais il a également limité son aide militaire par crainte d'une escalade du conflit. Pensez-vous qu'il existe encore une peur de l'escalade, ou plus généralement une peur de la Russie de la part de certains partenaires occidentaux ?

Oui, c'est le cas. S'il n'y avait pas de crainte d'escalade ou de peur de la Russie, cette guerre aurait déjà pris fin. Je dirais même que cette guerre n'aurait pas commencé s'il n'y avait pas eu de crainte de la Russie. Poutine a attaqué uniquement parce qu'il était sûr que l'Europe et les États-Unis avaient peur de lui, qu'ils n'allaient pas réagir, qu’ils n’allaient pas apporter de soutien à l'Ukraine et qu’il écraserait l'Ukraine assez rapidement. Aucun autre concept n'a infligé plus de dommages à l'Ukraine que le concept de non-escalade.

La politique de non-escalade est une énorme erreur de l'Occident. Il doit en tirer les leçons. La non-escalade ne fonctionne que si, de l'autre côté, l'adversaire est sensible et réagit aux gestes de non-escalade. Par exemple, vous dites : « Je ne vais pas faire ceci » et vous arrêtez votre offensive. Lorsque l'autre partie s'arrête, la non-escalade fonctionne.

Mais ce qu'il s'est passé en Ukraine, c'est que l'Occident a fait savoir à la Russie que nous ne ferions pas cela. Et vous devriez également ralentir. Mais Poutine n'a pas ralenti une seule seconde. Il n'a jamais rendu la pareille à la politique de non-escalade, alors que l'Occident continuait à suivre cette voie, ce qui a entraîné de lourdes pertes. Et de nombreuses personnes en Ukraine sont mortes uniquement parce que la politique de non-escalade a été entretenue par les grandes capitales.

Le Kremlin et l'administration américaine semblent être d'accord sur un point : l'Ukraine ne devrait pas rejoindre l'Otan, du moins dans un avenir proche. Existe-t-il un espace de discussion sur ce sujet en Ukraine ? Que pensez-vous de la proposition de suspendre l'adhésion de l'Ukraine à l'Otan pour parvenir à la paix ?

Cela signifie que Trump concèdera à Poutine la question de l'adhésion de l’Ukraine à l'Otan comme un prix à payer pour arrêter la guerre. La guerre s'arrêtera, mais tant que l'Ukraine ne fera pas partie d’un mécanisme de sécurité collective tel que l'Otan, une prochaine guerre éclatera dans quelques années. Poutine lutte contre l'adhésion de l'Ukraine à l'Otan, non pas parce qu'elle représente une menace pour la Russie, mais parce qu'il veut que l'Ukraine reste exposée et vulnérable à son agression, parce qu'il n'abandonnera jamais l'idée de détruire l'Ukraine en tant qu’État. Il est obsédé par cette idée et c'est son objectif. L'Otan est donc le seul moyen de s'assurer qu'il n'y aura pas de nouvelle guerre entre l'Ukraine et la Russie.

Nous sommes sur le point d'entrer dans la quatrième année de la guerre. Des voix s'élèvent pour réclamer des concessions territoriales. Qu'est-ce qui serait possible pour l'Ukraine et le peuple ukrainien ?

Tous ceux qui réclament de l’Ukraine qu’elle fasse des concessions territoriales, devraient d'abord céder une partie de leurs terres et montrer l'exemple. Donnez une partie de votre terre ou des régions de votre pays à votre voisin, et vous aurez alors le droit de dire aux Ukrainiens : « Je l'ai fait. Suivez mon exemple. » Si vous ne l'avez pas fait vous-même, taisez-vous et suivez les discussions.

C'est ainsi que les choses devraient se passer si nous voulons avoir une conversation juste et équitable. Parce qu'il est très facile de décider du sort de quelqu'un d'autre, pour ce qui est de son territoire, de son adhésion à l'Otan, ou n'importe quoi d'autre. Mais mettez-vous à la place de quelqu'un d'autre et vous arriverez à des conclusions et à des approches des négociations complètement différentes.

Y a-t-il un risque que l’Ukraine se retrouve dans une situation où d'autres décident de son sort ?

Cela n'arrivera pas. C'est un vieux cliché de penser que Poutine va s'asseoir avec Trump ou avec quelqu'un d'autre, qu’ils vont décider du destin de l'Ukraine, et qu’ils vont obliger l'Ukraine à faire face à la réalité. L'Ukraine se bat contre la Russie depuis trois ans maintenant, avec toutes les difficultés, les pertes et les tragédies qui se sont produites. Nous sommes un pays viable qui se bat sans troupes étrangères sur le terrain, et nous avons le droit et la capacité de faire entendre notre voix. Et il en sera ainsi.

Vous allez enseigner à Sciences Po Paris sur la diplomatie en temps de guerre. Quel message allez-vous faire passer aux étudiants ?

Tirer les leçons de notre expérience et éviter les guerres. Pour éviter de pratiquer la diplomatie de guerre, il faut l'apprendre par cœur et la comprendre. Et je partagerai cette expérience et ces connaissances avec les étudiants dans l'espoir qu'en connaissant la diplomatie de guerre, ils n'auront jamais à l'appliquer parce que leurs pays ne seront jamais en guerre.

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